lettre aux maires du 47.
Madame, monsieur,
Nous, enseignants des écoles maternelle et élémentaire de Monflanquin, sommes entrés en résistance depuis début janvier 2009 pour les raisons suivantes :
- La semaine scolaire a été amputée de deux heures d'enseignement pour tous les élèves
- Deux heures hebdomadaires de soutien hors temps scolaire ont été imposées à la place, sans concertation et uniquement pour les élèves en difficulté
- La suppression de 9000 postes de maîtres spécialisés est ainsi légitimée
- Les journées sont devenues trop longues pour les enfants concernés
- Leur temps de détente après le repas n'existe plus
Après expérimentation au premier trimestre, le bilan est négatif :
- Les enfants pris en soutien ne réinvestissent pas en classe
- Le temps manque pour boucler les apprentissages avec deux heures de cours en moins
- Les enfants sont fatigués et moins concentrés
- Les difficultés d'organisation s'accumulent (problèmes de garderie, de transports scolaires, horaires des personnels municipaux qu'il faut changer, contrats à modifier...)
D'autre part :
- L'existence de l'école maternelle est en danger avec la création de structures municipales payées par l'impôt, encadrées par des non-enseignants et payantes pour les familles
- La volonté de regrouper plusieurs petites écoles sous l'appellation d'EPEP (établissements publiques de l'enseignement primaire) dirigés par des conseils d'administration va permettre (par le jeu des moyennes d'élèves par classe) de fermer des classes et peut-être même des écoles rurales entières. C'est une déconnexion totale des réalités territoriales (construction de lotissements, démographie, logements sociaux)
- La suppression des crédits pour les langues vivantes, les AVS, les associations partenaires de l'école (OCCE, FOL, PEP...) les EMPR, les CMPP va laisser les municipalités devoir faire face financièrement aux difficultés sociales qui ne vont pas manquer d'apparaître au grand jour.
- La suppression des titulaires remplaçants et la mise en place d'une « agence du remplacement » va amener dans les classes des vacataires sous-payés probablement même pas enseignants !
- Des évaluations ont été proposées aux classes de CM2 en janvier. Elles portaient sur le programme de l'année entière ! Voudrait-on faire croire à l'opinion publique que l'école publique est nulle et ainsi légitimer des réformes qui ne visent qu'à faires des économies budgétaires ?
Nous demandons :
- L'ouverture d'états généraux de l'éducation avec l'ensemble des partenaires de l'école au niveau national : enseignants, syndicats, fédérations de parents d'élèves, élus, collectivités, associations partenaires.
- La suspension des décrets DARCOS et le retour à la semaine de 26 heures pour tous les élèves
Les 6 du 47